Le Bullshit

Qu’est ce que cet anglicisme vient-il faire sur le terrain de la langue de Molière mais aussi celles de Cervantes, de Goethe, de Pessoa, voire même d’Ibn Khaldoun ? Traduisez SVP littéralement: bouse de vache, ou de taureau pour être plus fidèle à l’appellation d’origine. Or, le sens figuré du mot dépasse mais de loin l’odeur nauséabonde que peut dégager le mot au premier degré. Son utilisation par les journalistes, les blogueurs et les internautes anglo-saxons, en vogue dans un premier temps, normalisée dans un second, laisse entendre un arrière goût de ras-le-bol généralisé des médias, des contenus, des données et des déclarations qu’on retrouve ici et là sur le Web.

Bullshit quand tu nous tiens

L’équivalent français, dans un registre voisin, serait la contraction Merdia (merde+media)Il faut dire que dans ce contexte, les médias, mis à nu, se sont attirés les foudres de l’opinion publique en hexagone et bien au-delà de ses frontières, au Maghreb notamment ou les médias français sont scrutés de près. Bullshit, comme bien d’autres anglicismes est intraduisible et se trouve utilisé à l’état pur. Il plait de plus en plus pour désigner, à tort ou à raison – là n’est pas la question, toute déclaration politique, chiffre officiel, tendance et analyse, annoncées par les leaders d’opinion et les influenceurs du Web, les observatoires, les baromètres et les bureaux de sondage, les institutions, les marques et les instances étatiques sur la société, l’économie, la politique et même la culture et les religions pour ne citer que ces thématiques phares qui jalonnent notre quotidien.

Tout est Bullshit…

On est tenté tant qu’à faire de considérer tout comme du Bullshit car toute information qui sort de quelque part tend naturellement à manipuler l’opinion publique et les foules, à les faire adhérer à une vision, une stratégie, une politique, un ordre,… L’influence en ligne a pris des dimensions de plus en plus poussées et les relations publiques (RP ou PR, faites votre choix) sont passées à la dimension 2.0. On parle désormais de RP 2.0, deuxième génération des relations publiques traditionnelles. Celles-ci utilisent l’influence en ligne comme cheval de bataille. Pour les puristes de la « Bullshit attitude », tout serait du Bullshit, tout est manipulateur, tout est mensonger, tout est intox, tout est propagande, toute information diffusée tente de formater les esprits avec l’appui de techniques d’avant-garde telles que le Storytelling, la prospective et le Reality Building. Encore des anglicismes, surement du Bullshit à toute éprouve , dirait l’autre !

…ou tout n’est pas Bullshit ?

On est aussi tenté de croire que tout n’est pas (que) Bullshit, qu’il y a dans ce monde des vertes et des pas mûres, des nuances à s’imposer, des pistes de discernement, des tendances opposées et des intérêts qui divergent. Heureusement d’ailleurs que ces possibilités existent, dans le jeu incessant de la pratique d’influence qui, rappelons le, depuis l’émergence de la communication, depuis la nuit des temps, du crieur (Berrah) à la lettre postale en arrivant au Web 2.0, a de tout temps divisé les opinions. Les clichés « Bullshit » et « Bullshiteur » se trouvent ici réduit à néant par la force de la relativisation et de l’objectivité, bien difficiles à assumer de nos jours certes, mais ô combien nécessaires pour continuer à espérer un développement durable et un bon vivre ensemble !

Alors comment trouvez-vous ce billet d’humeur? Du Bullshit bien sur😉

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